La méditation du lundi 27 avril

proposée par le père V. Deblock

Etienne (1ère partie) (Ac 6)

Martyr de Saint Etienne Rubens Martyr de Saint Etienne Rubens  

Triptyque complet en bas de page

Le récit de la mission et de la mort d’Etienne dans les Actes des apôtres est long et l’œuvre que Rubens y consacre est immense. Comme la liturgie, nous y consacrerons deux jours. Etienne, « homme rempli de foi et d’Esprit-saint » (Ac 6, 5) est un des sept hommes choisis par les apôtres pour devenir ceux qu’on nommera diacres. Les Actes mentionnent qu’aussitôt, Etienne « opérait de grands prodiges et signes parmi le peuple », formule qui rappelle indéniablement celles employées par les évangélistes pour parler de Jésus. Etienne vit sa mission dans la suite du Christ, et comme lui, il rencontre des résistances.

Vêtu d’une somptueuse dalmatique, l’habit liturgique des diacres, Etienne est représenté en orateur, trois marches lui servant de tribune. Sa tête est nue, son visage nimbé est « comme celui d’un ange ». Son geste exprime son éloquence et désigne les hautes colonnes du temple. Comme Jésus, il affirme que le temps du Temple est terminé : « Le Très-Haut n’habite pas dans des demeures faites de mains d’homme » Comme Jésus, il affirme que la loi de Moïse est entièrement renouvelée, revivifiée en la personne du Messie, verbe de Dieu fait chair. Comme Jésus, il n’hésite pas à  s’opposer fermement aux docteurs de la loi : « Vous qui aviez reçu la loi sur ordre des anges, vous ne l’avez pas observée, vos oreilles sont fermées à l’Alliance, vous résistez à l’Esprit-Saint » Comme ceux de Jésus, ses propos suscitent l’opposition : le grand prêtre vêtu de bleu et les spécialistes de l’Ecriture, dont la coiffe s’orne des phylactères, Paroles de la Torah, le cernent. Ils sont comme  engoncés dans de larges drapés, la tête couverte, enfermés dans leurs habits comme dans leur vision de la Loi. Leurs visages sont violents comme ceux des bourreaux du Christ, et ils emploient les mêmes faux-arguments : « nous l’avons entendu affirmer que ce Jésus, le Nazaréen, détruirait le Lieu Saint et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises ».

Etienne continue son discours, paisible. Il sait que la mission de Jésus l’a conduit à la mort. La Passion de Jésus est achevée, celle d’Etienne commence.

 

Pierre-Paul Rubens (1577-1640) c. 1617. Huile sur bois. Triptyque ouvert : 437 x 530 cm. Valenciennes, musée des Beaux-Arts

Article publié par Doyenné cambrai • Publié le Lundi 27 avril 2020 • 140 visites

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