La méditation du lundi 7 décembre

proposée par Philippe Moreel, diacre.

P. Moreel P. Moreel  

Bonjour à tous

J’ai choisi de vous livrer cette méditation à partir du chant « Je cherche le visage, le visage du Seigneur ».

Pourquoi ce chant ? Car je l’ai en mémoire depuis ma « communion solennelle ». L’assemblée et les communiants chantaient « Je cherche le visage, le visage du Seigneur… ». La chorale répondait « Vous êtes le Corps du Christ, vous êtes le Sang du Christ, vous êtes l’amour, la paix, la joie du Christ alors qu’avez-vous fait de lui ? ». J’aimais cette mélodie et je l’aime particulièrement dans l’interprétation de John LITTLETON. J’ai été marqué par cet échange entre l’assemblée et la chorale. Et aujourd’hui, ce chant continue à m’interpeller par plusieurs points :

1er point d’interpellation : est-ce que je cherche réellement le visage du Seigneur autour de moi, parmi mes frères et sœurs d’Eglise ?

Quand nous faisons communauté, nous sommes le Corps du Christ, nous sommes le Sang du Christ. Mais qu’avons-nous fait de Lui, qu’ai-je fait de Lui ?

Suis-je réellement Corps du Christ mais quand je m’approprie la mission, quand je critique un frère, une sœur en Christ, un ministre, un prêtre… Alors qu’ai-je fait de Lui ? Quel visage d’Eglise je montre alors à mes frères et sœurs ? Certainement pas le visage du Seigneur.

Quand je ne suis pas d’accord avec mon frère ou ma sœur en Christ et que je m’obstine à avoir raison, quand je doute de l’autre, etc. Alors il me faut chercher le visage du Seigneur. Je cherche le visage tout au fond de vos cœurs.

2ème point d’interpellation : dans notre société perturbée par la pandémie où chercher le visage du Seigneur ?

En ces temps de pandémie, le service du frère prend une couleur nouvelle : prendre soin de nos frères, empêcher la prolifération du virus, respecter les consignes… Oui, tout comme mes frères diacres, je sais que le service du frère est bien signe de la présence du visage du Seigneur. Il est témoignage de notre vie de foi dans ce monde. Mais nous ne sommes pas les seuls « témoins » d’une vie de foi. Chaque baptisé(e) doit témoigner de sa vie de foi.  Si moi, si toi, baptisé(e), nous ne témoignons pas, alors qui témoignera. Cette crise sanitaire a éclairé bien des talents, véritables témoignages du service du frère. Je pense en particulier au personnel de santé qui s’est mobilisé et qui est devenu Le Visage pour celui/celle qui était diminuée par la maladie et qui cherchait le Visage du Seigneur.

3ème point d’interpellation : « Le Corps du Christ. Amen ! »

Lorsque je donne la communion, je dépose dans le creux des mains le Corps du Christ que mes frères et sœurs sont venus chercher. Je pense alors à St Cyrille de Jérusalem, un des Pères de l’Eglise, évêque de Jérusalem de 350 à 386, qui écrit ses catéchèses mystagogiques :

« Quand tu t'approches des saints Mystères Eucharistiques, ne t'avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts disjoints mais fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque celle-ci doit recevoir le Roi, et dans le creux de ta main reçoit le corps du Christ, disant : “Amen”.

Je regarde ces mains qui, comme les miennes, ont pu avoir travaillé, avoir caressé pour apaiser, mais aussi frapper pour faire mal. Et voici que ces mains forment un trône pour recevoir le Roi, le Corps du Christ source de tout Amour au-delà de toute nos divisions, de tous nos errements.

4ème point d’interpellation : dans ce chant, 2 mots sont souvent repris et j’y vois une importance majeure

Tout d’abord le verbe « chercher »

Il est important d’être « un chercheur » car si Dieu me connaît, je dois toujours chercher à le découvrir pour mieux le connaître, pour mieux lui ressembler. Pour cela il faut avoir l’humilité de se mettre à l’écoute du plus petit, du plus pauvre, de mes frères et sœurs, à l’écoute de la Parole de Dieu. Mais l’écoute ne suffit pas il faut aussi aller à la rencontre. Soyons chercheurs de Dieu à travers les hommes, les femmes, les jeunes, les enfants qui nous font découvrir le Seigneur par leur visage, leurs témoignages, leurs paroles, leurs sourires, leurs gestes. Si je ne cherche pas Dieu, comment pourrais-je le rencontrer ?

Et puis ce deuxième mot « Cœur »

C’est dans notre cœur que nous découvrons la présence du Christ.  C’est par la prière que nous pouvons vivre un « cœur à cœur » avec Lui. C’est à travers l’amour pour mon prochain que je peux faire découvrir le Christ. L’amour dont le Christ m’inonde ne peut que me pousser à le partager. Il faut donner pour recevoir. Alors oui, je cherche le visage tout au fond de vos cœurs car cela m’aidera à convertir mon regard, à me convertir.

Allez, je vais écouter :

« Je cherche le visage, le visage du Seigneur. Je cherche son image tout au fond de vos cœurs » 

Bonne et belle marche en Avent !

Philippe MOREEL

John Littleton :  "je cherche le visage du Seigneur"

Article publié par Doyenné cambrai • Publié le Lundi 07 décembre 2020 - 00h30 • 545 visites

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