La méditation du samedi 27 mars

proposée par Martin Pagniez

Le texte de la méditation est téléchargeable en bas de page.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (11, 45-57)

Quand Lazare fut sorti du tombeau, les nombreux Juifs qui étaient venus entourer Marie sa sœur et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait.

Les chefs des prêtres et les pharisiens convoquèrent donc le grand conseil; ils disaient: «Qu’allons-nous faire? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous continuons à le laisser agir, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation.»

Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit: «Vous n’y comprenez rien; vous ne voyez pas quel est votre intérêt: il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple et que l’ensemble de la nation ne périsse pas.» Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même; mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il fut prophète en révélant que Jésus allait mourir pour la nation. Or, ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.

À partir de ce jour-là, le grand conseil fut décidé à le faire mourir. C’est pourquoi Jésus ne circulait plus ouvertement parmi les Juifs; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque des Juifs approchait, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la fête. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux: «Qu’en pensez-vous? Il ne viendra sûrement pas à la fête!»

Les chefs des prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres: quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

Martin Pagniez Martin Pagniez  

L’Evangile d’aujourd’hui nous fait ressentir le tumulte et l’inquiétude du monde juif à l’approche de la grande fête de la Pâque.

Curieusement, ce qui devrait être un grand moment de fête et de réjouissance, un moment où le peuple de Dieu se tourne vers son Sauveur pour rendre grâce et se souvenir de ses nombreux signes d’amour et de fidélité à travers les âges – comme la sortie du pays d’Egypte – devient un moment où les hommes se centrent vers eux-mêmes et cherchent à préserver leurs intérêts.

Tout le mystère de la rupture entre un peuple – notre humanité – et son Dieu – notre Dieu – demeure là.

Incompréhensible, paradoxale rupture pour ceux qui sont les premiers à reconnaitre que Jésus « accomplit un grand nombre de signes ». Incompréhensible rupture pour de grands dignitaires du monde juif tels que les grands prêtres et les pharisiens, des hommes religieux, attachés à la foi d’Israël.

Dans ce moment crucial où Dieu révèle son vrai visage, l’homme ferme son cœur. Par peur peut-être. Par péché sûrement.

Nous avons tous été confrontés un jour où l’autre à la peur : la peur de manquer, de rater ou de perdre quelque chose. Ne nous y trompons pas, la réaction du monde juif au temps de Jésus est la nôtre collectivement. Quoi de plus légitime à vouloir préserver son Lieu saint et sa nation ? Mais le risque à vouloir préserver ses intérêts, c’est de voir petit au lieu de voir grand. Et Jésus n’est pas venu « seulement pour sauver une nation », il est venu « rassembler dans l’unité de Dieu les enfants de Dieu dispersés ».

Le Christ est venu traverser la peur. Il nous précède et nous montre le chemin. Contrairement à ce que pressentaient ses contemporains, il est « venu à la fête ». Mieux, il en est l’offrande.

Remarquons que les juifs qui ont su ouvrir leur cœur au Christ sont ceux qui sont venus auprès de Marie. Tous ne sont pas venus auprès de Marie, mais « beaucoup », nous dit l’Evangile. Saint Jean ne nous dit pas que les juifs sont venus auprès de Jésus voir ses actes, il prend soin de nous préciser qu’ils sont venus auprès de Marie et que c’est auprès d’elle qu’ils ont vu et cru.

A la veille de cette semaine sainte, invoquons Marie, notre mère à tous, symbole du don et du «oui ». Que notre cœur demeure auprès d’elle tout au long de ces jours pour vivre la passion de son Fils, notre Sauveur. Qui mieux que Marie a su ouvrir son cœur tout au long de sa vie pour accueillir le dessein de Dieu jusqu’à l’inacceptable ? N’ayons pas peur. Notre intérêt n’est pas dans nos calculs, nos plans échafaudés à notre petite échelle. Il est en Jésus et Marie nous y conduit.  

Amen.

Article publié par Doyenné cambrai • Publié le Samedi 27 mars 2021 - 00h30 • 751 visites

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